C’était après la mort de Jésus ; le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : " La paix soit avec vous ! " (Jean 20, 19)
En ces temps qui suivent la Solennité de la Pentecôte, nous avons encore du mal à déverrouiller nos portes. Ailleurs dans le monde, elles sont même encore bien verrouillées par crainte de la maladie. La pandémie de Covid-19 a instillé dans les cœurs insouciants la peur de l’autre ; cet autre qui, sans s’en apercevoir, pourrait être un instrument de mort… Certains se laissent submerger par cette peur et c’est presque comme si pour eux, « l’enfer c’est les autres ». Mais beaucoup, au-delà de la première réaction de peur, se laissent toucher par la faiblesse, le dénuement, la souffrance d’autrui et trouvent en eux cet élan de fraternité qui fait sortir de soi.
Sortie de soi qui, paradoxalement, dans le confinement, consistait en un « rester chez soi » responsable et solidaire, car c’est sortir de sa seule volonté propre. Pour d’autres, cette sortie de soi s’exprime par de l’entraide entre voisins. Pour d’autres encore, c’est exercer leurs compétences au service de tous. Et pour certains c’est justement prier pour ceux et celles qui sont « en première ligne ». Il n’y a pas de petite sortie de soi, car sortir de soi c’est l’attitude fondamentale de s’ouvrir à la présence de l’autre, c’est reconnaître qu’il n’y a pas que moi qui importe, c’est penser : ensemble.
La sortie de soi ne s’apprend pas en pleine pandémie. Cela s’apprend tous les jours, à travers des choses simples et dans des petits gestes. Être à l’heure au repas, participer au ménage, se dire merci, s’il te plaît ou pardon… C’est dans chaque famille que s’apprend le commandement de Jésus, lui qui est sorti du Père (Jean 16, 28) pour nous rejoindre : Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. (Jean 13, 34)
Accueillons pour le monde la paix qui vient du Christ. Son Souffle de paix qui traverse les peurs, les faiblesses, les reniements... A l’heure où les portes de Manrèse s’ouvrent à nouveau, nous nous remettons à l’ouvrage, au service des « Eglises domestiques » qui forment le Corps du Christ.
Pendant la période de confinement, nous avons pu expérimenter comment des outils de visioconférence rendent possible pour certains de discerner ou d’avancer dans leur préparation au mariage. Mais cette expérience a aussi révélé l’importance et la richesse des temps informels de rencontre (lors des repas par exemple) dans les week- ends. Beaucoup de couples ont ainsi exprimé leur préférence d’attendre l’ouverture du Centre, pour vivre son ambiance de retraite et de prière. Autant d’enseignements qui pourront nous aider à ajuster l’animation des préparations au mariage chrétien.
Depuis la sortie de confinement, le parcours « Osez choisir la vie » pour des personnes divorcées ou séparées a pu reprendre. Et le premier week-end « En vue d’un mariage chrétien » ‘déconfiné’ aura lieu les 3-5 juillet prochains à guichet fermé ! Voilà quelques signes rassurants au cas où nous serions inquiets pour la reprise. Dans l’attente de nous revoir à la rentrée, accueillons ce temps de vacances béni dans la gratitude. Qu’il nous soit profitable pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. (Romains 12, 2)
P Clément Nguyen, référent des activités pour les couples à Manrèse
