Que nous soit accordée la grâce de voir — Manrèse, centre spirituel jésuite en Ile-de-France

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Que nous soit accordée la grâce de voir

Es-tu celui qui vient ou devons-nous en attendre un autre ? Cette interrogation angoissée de Jean-Baptiste à Jésus prend une consistance nouvelle en ces temps rudes. Le retentissement en nous des événements tragiques du monde, la pandémie si éprouvante, la parole des victimes d’abus et la crise que traverse l’Eglise donnent une actualité renouvelée au trouble de Jean-Baptiste. C’est depuis sa prison que le Baptiste interroge Jésus. Il avait proclamé avec vigueur la conversion en vue de Celui qui vient, qu’il présentait comme plus fort que lui. Mais cette force et l’intervention de Dieu pour sauver son peuple, Jean n’arrivait pas à les percevoir dans l’action de Jésus, qu’il avait pourtant désigné comme le Messie. Car Jean appelait de ses vœux de grands changements, qui allaient accompagner la venue du Messie. Il annonçait la colère qui vient, la hache mise à la racine des arbres : tout arbre qui ne fait pas de beau fruit est coupé et jeté au feu (Luc 7, 7-9). Celui qui vient tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas (Luc 3,17) ! Jean est dérouté par Jésus, désemparé :  Le « grand nettoyage » du monde se fait attendre !

Alors Jésus répond en actes avec des signes tout à la fois discrets et puissants : il fait beaucoup de guérisons et à beaucoup d’aveugles, il fait la grâce de voir. Et aussi : Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : Les aveugles voient. Les boiteux marchent. Les lépreux sont purifiés et les sourds entendent. Les morts ressuscitent. Aux pauvres la bonne nouvelle est annoncée.  Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! (Luc7,  21-23). Au pauvre que tu es, Jean, la bonne nouvelle est annoncée, et heureux es-tu, de ne pas trébucher à cause de Jésus !

Nous allons dans quelques jours célébrer celui qui est venu dans la faiblesse et la fragilité d’un enfant, nous sommes tournés vers sa venue dans la gloire, à la fin des temps. Demandons aujourd’hui, les  uns pour les autres, que dans nos aveuglements, dans notre pauvreté, il nous accorde « la grâce de voir », pour accueillir la Promesse.

Là est sans doute la source d’une espérance purifiée – percevoir comment Dieu travaille en nous comme dans l’humanité et dans son Eglise, comme nous y invite le beau texte du P. Gonzague Duvoisin qui accompagne cet éditorial.

Bonnes fêtes de Noël, et bonne lecture des pages qui suivent ! Qu’elles vous soutiennent dans votre recherche de Dieu.

Et voici nos vœux : Heureux celles et ceux qui ont une âme de pauvre : à eux, le Royaume des Cieux ! (Matthieu 5, 3)

Nous vous espérons à Manrèse,

P. Paul Legavre

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