Noël, Pâques, Pentecôte : trois moments pour fêter l’amour de notre Dieu, un amour par excès – son Nom est miséricorde ! Trois balises pour célébrer dans le temps liturgique, et toujours davantage dans le temps de nos existences, la façon dont Sa Miséricorde nous crée, nous sauve, nous fait vivre par l’Esprit. La perspective de ce mercredi des cendres, c’est Pâques ! Ces quarante jours nous sont proposés pour nous disposer à célébrer avec un cœur purifié la nuit de Pâques, le cœur du mystère chrétien.
À chacune, à chacun, une question est posée, à l’intime : où est ton combat spirituel ? À quel pas nouveau Jésus t’invite-t-il, pour vivre de sa vie ?
Ce combat peut prendre une dimension inattendue, et révéler son urgence en nous sortant de nos aveuglements complaisants : Qu’est-ce qui nous alourdit, ralentit notre marche, nous ferme à autrui, ou tout simplement nous empêche de vivre ? À l’opposé, qu’est-ce qui a la saveur du Royaume et ouvre à une espérance ? Qu’est-ce qui nous met dans le doute, le ressentiment ou l’amertume ? À l’inverse, vers quel amour avancer ? Où naît la joie ? Identifier et nommer le combat est décisif. Nous pouvons alors pressentir les changements vigoureux à entreprendre, dans la force de l’Esprit.
« Revenez à moi de tout votre cœur, dit le Seigneur. Déchirez vos cœurs, non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour» (Joël 2, 18). Si « notre cœur est la porte du ciel », alors laissons la parole de Dieu frayer un chemin de vie et de réconciliation dans notre cœur.
Démarche personnelle, démarches ecclésiales dans ce tournant décisif qui peut naître pour notre Église de l’écoute douloureuse des victimes des abus et de leur calvaire. Démarches dans la société, secouée par des désespoirs qui viennent de loin et obligent à débattre de ce que nous voulons et ne voulons pas, pour faire face ensemble. Démarches qui concernent ma vie, nos vies, mais aussi le devenir de la Création, comme le rappelle le Pape François dans son message de carême.
Quels défis de ce temps m’appellent davantage à une conversion, à un changement ?
Cette année, votre marche vers Pâques passera-t-elle par MANRÈSE ?
MANRÈSE, une étape, une oasis d’intériorité et de respiration intérieure, de bon repos. MANRÈSE, pour aller écouter Dieu qui, dans le désert, parle au cœur ?
Dans cette brève lettre, vous trouverez différentes propositions pour faire halte, d’un à huit jours, selon des chemins différents, mais toujours selon une dynamique de conversion.
Dieu nous bénisse dans cette marche vers la Vie et la Joie qui viennent de lui.
Père Paul Legavre, sj
