Entrer dans le service véritable — Manrèse, centre spirituel jésuite en Ile-de-France

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Entrer dans le service véritable

Une homélie du P. Clément Nguyen

Jean 13, 12 Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus parla ainsi : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?
13 Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
14 Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. 15 C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. 16 Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie.
17 Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites.
20 Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. »

Un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie … Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son Seigneur (Matthieu 10, 24)… Si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. » On peut sentir ces paroles du Christ, comme on dit, « nous mettre la pression », et ce, pour de mauvaises raisons.

On peut d’abord se dire : comment être un fidèle témoins du Christ auprès de ceux vers lesquels je suis envoyé ? J’ai plein de défauts, de limites, de faiblesses, … Ce faisant, mon regard se tourne vers moi. Soit dans un perfectionnisme égocentrique, soit alors dans un complexe d’infériorité paralysant. Or un serviteur, c’est d’abord celui qui se tourne vers l’autre, vers celui qu’il sert, vers son maître de qui il attend tout. Le serviteur est celui qui se laisse accueillir, recevoir tel qu’il est. Le serviteur est celui qui dépend de ceux dont il est au service : pour être logé, pour être nourri, … On a peut-être fait l’expérience d’être envoyé dans des contrées exotiques dont on a aucune connaissance de la langue, dépendant pour tout de ceux dont on est au service. Aussi, le Christ est-il venu comme serviteur au sein de notre humanité, attendant de nous d’être reçu parmi le siens.

Ensuite, on peut s’interroger : suis-je un bon serviteur ? suis-je assez compétent, vais-je être à la hauteur ? De nouveau, je me regarde, au lieu de regarder celui auquel je suis au service. Le serviteur a les yeux levés vers celui qu’il sert, « vers la main de son maître » (Ps 122), pour lui répondre. Pour chercher ce qui lui plait, ce qui lui fait du bien. Être serviteur, c’est d’abord avoir un regard bienveillant d’amour où l’autre est premier. Aussi, Jésus s’abaissant pour leur laver les pieds a-t-il les yeux levés vers ses disciples.

Comme saint Ignace nous y invite, demandons la grâce de l’humilité qui nous fait entrer dans le service véritable, pour être vraiment des serviteurs. Alors, nous aurons la joie, nous serons heureux de reconnaître le maître au milieu de nous comme celui qui sert (Luc 22, 27), pour nous rendre semblable à lui.

P Clément Nguyen, Manrèse, jeudi, 4ème Semaine du Temps Pascal, 7 mai 2020

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